La pierre de Rosette
La Pierre de Rosette est une stèle en granodiorite noire de l'Égypte antique qui a joué un rôle crucial dans le déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens. Elle a été érigée sous le règne du roi Ptolémée V Épiphane (Ptolémée V Évergète Ier) vers 204 av. J.-C. Environ un demi-siècle plus tard, en 196 av. J.-C., les prêtres de la ville de Memphis ont décidé de commémorer le premier anniversaire de l'intronisation du roi en érigeant une stèle pour célébrer ses bienfaits accordés aux temples et au clergé de l'Égypte.
La Pierre de Rosette a été découverte en juillet 1799 par le capitaine Pierre-François Bouchard, un officier de l'armée française, lors de l'expédition française en Égypte dirigée par Napoléon Bonaparte. Elle a été trouvée près du village de Rachid (Rosette en français), situé à l'ouest du delta du Nil en Égypte. Il est important de souligner que la Pierre de Rosette elle-même n'est pas une invention ou une création artistique au sens moderne du terme.
Comment est la pierre de Rosette ?
Le déchiffrement des hiéroglyphes de la Pierre de Rosette a été entrepris par le français Jean-François Champollion. En utilisant sa connaissance du copte (une langue dérivée de l'ancien égyptien) et en comparant les inscriptions en grec ancien avec les inscriptions en hiéroglyphes et démotique, Champollion a réussi à progressivement déchiffrer le système d'écriture égyptien. En 1822, il a annoncé sa découverte du système d'écriture hiéroglyphique, devenant ainsi le père de l'égyptologie.
Traduction française des inscriptions en hiéroglyphes égyptiens sur la Pierre de Rosette
"Dieu vivant, Qui aime Taonennou, le Grand Dieu, le Seigneur de Haute et Basse-Égypte, le Seigneur de ces Couronnes, le Roi Ptolémée, le Dieu Épiphane Eucharistique, fils du Roi Ptolémée et de la Reine Arsinoé, Bienheureux, Fils des Rois Philométors, Bienheureux, Bienheureux, Fils des Dieux Évergètes, Bienheureux, Bienheureux, Fils d'un Dieu Philopatris, Bienheureux, Bienheureux, Fils d'un Dieu Épiphanes, Bienheureux, Bienheureux, Fils du Bienheureux, Dieu Épiphane Eucharistique, prêtre de Teos, prêtre de Peoune, prêtre de Lathour, prêtre de Kerbéne, prêtre de Toutânkhamon, prêtre de Ma, porteur de la couronne blanche, Porteur de la couronne dorée, qui est coiffé des deux couronnes, maître des fêtes, dont le cœur aime le Dieu, qui règne depuis le sud à tout jamais."
Traduction française des inscriptions en démotique égyptien sur la Pierre de Rosette
"Le Dieu vivant, le jeune Dieu, le Seigneur de Haute et Basse-Égypte, le Seigneur de ces Couronnes, Ptolémée, le Dieu Épiphane Eucharistique, fils du Roi Ptolémée et de la Reine Arsinoé, Dieux Bienheureux, apparu dans l'année 9, le 4 du mois de Xandikos, sous l'autorité du roi Ptolémée, Bienheureux, le fils de l'oraison royale du Roi Ptolémée et de la Reine Arsinoé, Dieux Philopatrides, Bienheureux. L'événement s'est produit à Memphis, en l'honneur de leur seigneur."
Traduction française des inscriptions en grec ancien sur la Pierre de Rosette
"Le peuple de Memphis, pour le roi Ptolémée, le Dieu Épiphane Eucharistique, le fils du roi Ptolémée et de la Reine Arsinoé, les Bienheureux. Au neuvième anniversaire de son règne, alors qu'Aétos fils d'Aétos était le prêtre de Memphis et le fils du prêtre de Memphis, Alexandre. L'année 9, le 18 du mois de Méchir."
Ces trois inscriptions, rédigées en trois langues différentes (hiéroglyphes égyptiens, démotique égyptien et grec ancien), ont permis à Jean-François Champollion, en 1822, de réussir à déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens, ouvrant ainsi la voie à la compréhension de l'ancienne civilisation égyptienne. La Pierre de Rosette est devenue l'une des découvertes archéologiques les plus importantes de l'histoire, permettant de débloquer les secrets de l'écriture égyptienne et d'approfondir notre connaissance de cette civilisation fascinante.
Cependant, grâce à la présence des inscriptions en grec ancien sur la Pierre de Rosette, qui était une langue déjà connue des érudits, celle-ci offrait une opportunité unique de percer le secret des hiéroglyphes. Il est important de noter qu'au moment où Jean-François Champollion a entrepris ses travaux sur le déchiffrement des hiéroglyphes, la notion de collaboration scientifique internationale telle que nous la connaissons aujourd'hui n'était pas aussi répandue. Le contexte historique et les circonstances de l'époque ont influencé la manière dont les chercheurs menaient leurs travaux. Pendant ce temps, l'Égypte était sous domination ottomane et avait attiré l'attention des voyageurs, des explorateurs et des chercheurs européens qui s'intéressaient à ses vestiges antiques. À cette époque, il n'y avait pas de pratique courante d'inclure activement des chercheurs locaux ou africains dans les projets scientifiques occidentaux.
Où se trouve la Pierre de Rosette ?
La Pierre de Rosette a été cédée par les Britanniques à l'Égypte en 1801 après la défaite de Napoléon Bonaparte. Depuis 1802, elle est conservée au British Museum de Londres, où elle est devenue l'une des pièces maîtresses de la collection égyptienne. Aujourd'hui, la Pierre de Rosette reste un symbole important du progrès dans le domaine de la linguistique et de l'égyptologie, et elle continue d'attirer l'attention des visiteurs du monde entier au British Museum.
Qu'en est-il de la restitution ?
La question de la restitution de la Pierre de Rosette à l'Égypte est complexe et controversée, impliquant des considérations historiques, juridiques, culturelles et politiques. Les autorités égyptiennes ont exprimé à plusieurs reprises le souhait de la rapatrier et de l'exposer dans un musée en Égypte, considérant la stèle comme une pièce importante de leur patrimoine culturel et historique. Ils estiment que la Pierre de Rosette devrait être accessible au peuple égyptien et aux visiteurs du monde entier dans leur pays d'origine.
Cependant, le British Museum, comme d'autres grands musées internationaux, considère que ses collections ont été constituées légalement au fil des siècles et qu'il est de son devoir de les conserver et de les présenter à un public international. Ils soutiennent également que la possession de la Pierre de Rosette par le musée a permis aux chercheurs du monde entier d'étudier et de mieux comprendre l'histoire de l'Égypte ancienne et les hiéroglyphes.
La question de la restitution des artefacts culturels et historiques à leurs pays d'origine soulève des débats plus larges sur la propriété, la légitimité et la responsabilité en matière de préservation et de mise en valeur du patrimoine mondial. Certains soutiennent que les artefacts devraient être restitués en tant que mesure de justice historique et culturelle, tandis que d'autres défendent l'idée que les musées internationaux peuvent jouer un rôle important en préservant et en partageant le patrimoine culturel de l'humanité.
Actuellement, la Pierre de Rosette reste au British Museum, et toute décision de restitution relève des autorités britanniques et égyptiennes, ainsi que des débats et des négociations internationales plus larges sur la restitution des biens culturels.

